Un blog qui donne la parole à l'écrivain et à l'être humain. Un moyen de faire parvenir des opinions et des vérités pas toujours reconnus comme tels.
afoune | 31 août, 2010 10:37
Peace Be Upon You
Je remercie infiniment tous les lecteurs qui ont bien voulus lire ma nouvelle réaliste intitulée " Un jour dans la vie d'une famille Gazaoui" L'aventure a commencé en décembre 2008 et s'est terminée cet été 2010. Episode par épisode, j'ai tenté d'écrire les émotions, les peurs et les actions d'une femme Palestinienne, épouse et mère. Je n'ai pas eu à imaginer quoi que ce soit, je reçois chaque jour du courrier des activistes me relatant l'enfer terrien qu'est devenu Gaza.
Ce qui m'a particulièrement touchée, est que la moyenne de lecteur de chaque épisode était une cinquantaine de lecteur, merci.
Nous ne pouvons imaginer quoique nous le voulons ce que cela signifie de survivre, de continuer les gestes de la vie dans une bande de terre encerclé, assiégée de toute part, autant par l'ennemi que par le frère. Dépourvus de tout, la tragédie sans nom que vivent nos frères et soeurs à Gaza en Palestine, nous donne une idée de la Pax Israélo-Americana. Le premier ministre suédois a déclaré devant le parlement de son pays " Le Bocus sur Gaza est la plus grande erreur d'Israël, car ce blocus crée et donne vie à l'extrémisme."
Celui qui veut retrouver en entier la nouvelle de "Un jour dans la vie d'une famille Gazaoui", lisez là sur ce lien sur Inlibroveritas.net
http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre27923.html
afoune | 25 juillet, 2010 12:14
afoune | 16 juin, 2010 19:54
- Je travaille dans un collège dans la bibliothèque, classant les livres et les prêtant aux écoliers et imagine maman, la directrice m’a dit qu’elle allait faire tout son possible pour que je puisse poursuivre en même temps mes études ! Tu peux dire que ton fils Okba est le conservateur de la bibliothèque du collège Salah Eddine.
Ecoutant mon ainé, je remerciai chaudement Dieu en mon for intérieur. Poursuivant, il dit :
- Je suis bien rétribué ma chère maman et dés aujourd’hui il m’ont donné l’équivalent de 25 dollars un avancement.
- Je voudrais que tu me conduises au monsieur qui t’a trouvé ce poste, je dois le remercier mon fils, ai-je déclaré très émue en recevant l’argent de ses mains.
Ce soir-là je pris à part Salma pour lui parler.
Salma me regarda l’air interrogateur en me voyant revenir vers elle après que j’ai mis le repas de Okba devant lui.
- Ecoute ma fille, j’ai à te confier certaines choses et tu dois me promettre de prendre mes instructions au sérieux.
- Bien sûr mama, fit d’emblée la jeune adolescente, en s’asseyant près de moi.
Voyant les enfants entourant leur frère aîné, je baissais la voix et je déclarai :
- Salma, nous sommes croyants et la mort peut survenir à tout moment, par une maladie comme par l’entremise d’un obus israélien n’est-ce pas ?
- Oui, maman.
- Bien, pour cela je voudrais que, au cas où dans les jours à venir ou disons dans le futur, quelque chose de fâcheux m’arrive. Tu dois prendre soin de tes frères et sœurs.
J’eu un serrement de cœur, Salma à ces paroles avait porté sa main à sa bouche étouffant un sanglot. Spontanément, elle m’étreignit : « Ô Maman ne dis pas cela, tu survivras et tu verras tes petits-enfants in Châa Allah. » Je fis le ton apaisant :
- Rassure-toi, je tiens à la vie et je ferai tout pour pouvoir vous voir mariés et réussir vos vies mais je te dis cela par précaution parce que on ne sait jamais avec le destin, Dieu seul sait Salma.
Ma pauvre fille fit un grand effort pour sourire et prit mes mains dans les siennes :
- J’ai compris maman et je te fais le serment de tenir ma parole et de veiller sur mes frères et sœurs. Qu'Allah nous garde tous vivants In Châa Allah.
Je hochai la tête satisfaite et fière de son courage, je la pris longuement dans mes bras, mon esprit était déjà à demain. Au petit jour le cadet de mes fils souffrit d’une diarrhée subite, je dus reporter notre départ pour le camp de Jébalia d’une journée. Les enfants protestèrent mais je ne pouvais pas laisser derrière nous leur frère malade.
Nous n’avions pas de riz à la maison, pas de médicaments, non plus je dû avoir recours aux herbes que ma belle-mère m’avait apporté dans une de ces dernières visite. J’en fis une tisane et je la donna au petit Hassan. À son goût amer, il fit une grimace.
Je passais la matinée à observer son état qui s’améliora un temps puis empira dans les heures qui suivirent. Je le pris avec Abdel Raouf qui avait lui aussi un commencement de diarrhée pour les emmener au dispensaire situé à moins de huit cent mètre de notre maison. Là, c’était la désolation, le médecin les examina et me fit grise mine :
- Une diarrhée aigue qui est dû à quelque chose qu'ils ont dû absorbé par mégarde, êtes-vous sûre qu'ils n'ont rien mangé ou bu de suspect ?
- Comment vous l'assurer docteur, avec l'eau que nous prenons d'une grande mare à une grande distance de chez nous ? Fit-je l'air accablée.
- Où se trouve cette mare au juste ?
Je lui décrivit l'emplacement exacte, le médecin hocha lourdement la tête :
- Je vais vous donner une adresse, ils vous fourniront au moins là de l'eau propre à boire, c'est loin mais il le faut, vous n'avez pas le choix madame.
- J'irais où vous voulez docteur, fasse que nous buvons une eau propre ! Est-ce que je peux communiquer cette adresse à mes voisins ?
- Bien sûr !
- Pour l’ordonnance, croyez-vous que je trouverai ce médicament ?
- Espérons-le, s’il était dans notre pharmacie interne je vous l’aurais donné volontiers, mais tout est en train de s’épuiser. Cherchez auprès des pharmacies du coin sinon allez à la pharmacie de l'hôpital de Gaza city, ils vous les donneront gratis. Ils sont fournis régulièrement grâce aux dons de médicaments des volontaires étrangers qui entrent de temps en temps à Gaza.
Je le remerciai sincèrement et je rentrai avec Hassan et Abdel Raouf les laissant aux soins de Salma tout en la prévenant pour l'eau, je repartis ensuite à la recherche du médicament.
Au bout de quatre pharmacies, je trouvai le médicament et je revenais exténuée mais toute heureuse à la maison. Je l’avais acheté avec une partie de l’argent que m’avait rapporté Okba la veille au soir.
Dés mon retour, je demandai à Salma de faire bouillir pour la deuxième fois l’eau et je leuri donna à boire deux sachets chacun pour faire arrêter la diarrhée. Tout pâle, Hassan reposait sur son lit, refusant d’avaler quoi que ce soit. Le docteur lui avait recommandé du liquide pour au moins 24 h, le temps que son mal s’estompe, pour Abdel Raouf sa guérison fut plus prompte. Je les surveillai toute la nuit, le lendemain matin, Dieu merci la diarrhée de Hassan avait pris fin.
Je demandais à leurs frère et soeur de patienter un jour encore, pour que Hassan surtout puisse reprendre des forces et nous accompagner, ils acceptèrent volontiers. Aujourd’hui c’est la fin de la trêve, les forces de l’ordre avaient redoublés de vigilance et Okba en rentrant le soir nous apprit que les gens de l’administration de son collège disaient qu’on ne pouvait faire confiance à l’ennemi surtout que le mouvement des katiouchas et des fusées de fabrication artisanal des résistants avaient recommencé à nouveau leur envol vers l’autre côté.
En faisant dormir les petits, je dorlotai longuement. Farida ma deuxième fille 9 ans, elle avait écouté le récit de son frère aîné et elle trouvait du mal à s’endormir :
- Maman me demanda t-elle tout à coup, tu nous as dit hier que tout cela prendra fin un jour.
- Oui, Farida ma chérie.
- Serons-nous là pour vivre libre maman ?
Désarmée par cette question, je lui tapotai sur l’épaule pendant un moment puis je lui assurai :
- Oui mon enfant, avec l’aide de Dieu on vivra ce moment.
Les paupières de mon enfant se refermèrent sur cette affirmation prononcée sur un ton le voulant affermi. Au fond de moi je sais que le jour de la libération de la Palestine je ne le verrai jamais, peut-être mes enfants ou leurs petits enfants pas moi. Oh non surtout pas de mon vivant ! Il y a trop de haine, de trahison, de complot, de mauvaise volonté et de lâcheté et la liberté ne peut venir avec de tels maux. »
afoune | 08 mai, 2010 10:54
Abdel Raouf fit d’une petite voix :
- Il va y avoir la guerre et nous n’avons pas de quoi nous défendre maman !
Je ressentis une immense colère contre notre dénuement cependant je me reprenais très vite :
- Voyons mon enfant, nous avons ce que n’a pas l’ennemi, notre foi dans la justesse de notre cause et notre foi en Dieu.
Je me rendis compte soudain que l’enfant ne pouvait comprendre ce que je disais.
- Si maman, je comprends.
Il semblait lire mes pensées.
- C’est ce que notre instructeur à la mosquée nous a dit, poursuivit Abdel Raouf, mais va-t-on toujours rester comme cela désarmé devant la méchanceté de l’ennemi ?
Je n’eu pas le temps de répondre car Selma me prit la parole :
Vois-tu maman, parfois je me dis que ces occupants sionistes, beaucoup d’entres eux, et leurs parents, ont souffert le martyr avec les nazis pourquoi nous traitent-ils de cette manière inhumaine ? J’ai beau m’interroger, je ne cesse de réfléchir pour trouver une réponse sensée, je ne la trouve pas.
Bouleversée, je me détournais. Je voulais pleurer « Oh Mon Dieu que leur dire ? »
Tout à coup je vis le visage de Ahmed mon défunt mari devant moi « Hadia apprends leur ceci que tout à une fin, qu'un jour viendra et nous serons libres et nous devrons travailler pour ce jour. »
Je me composais un visage serein, je souris aux enfants :
- Promettez moi de ne jamais désespérer et de croire dans notre délivrance. Un jour certain les enfants, un jour certain tout cela prendra fin et nous serons libres et en sécurité.
Selma eut un large sourire :
- Oh oui ! Dieu récompense toujours ses créatures patientes. Allons mes chers petits, songeons à l’aventure du bain demain In Châa Allah.
Et le sourire revint sur les mines ingénu.
afoune | 22 mars, 2010 18:09
A cet instant précis un drone survola notre espace, instinctivement tous les enfants se précipitèrent vers moi. Seule Selma demeura à l’intérieur en criant :- Encore un de leur drôle d’avion sans pilote !Je sentis que le moment était venu pour parler aux enfants, dans moins de 48 h la trêve entre l’ennemi et nous prendrait fin. Nous n’avions pas de télévision ni de radio, j’ai tout vendu pour subvenir à nos besoins mais j’entendais les gens parler autour de moi. Ni le gouvernement Hamas ni les autres mouvements de résistance n’avaient l’intention de renouveler la trêve avec les israéliens pour la simple raison est qu’un grande partie des arrangement conclus avec la trêveprésente les israéliens ne l’ont pas respectés. Le blocus était toujours là et les aides qui entraient par les passages de Eretz, de Rafah, de Karam Abou Salem et d’autres étaient vraiment dérisoires aux regards de nos vrais besoins.Mon Dieu c’était si pénible de parler politique aux enfants !
Les drones s’étaient intensifiés ces derniers jours et obscurément ils sentaient que quelque chose de pire allait se produire, j’allais m’adresser à eux tout en les serrant contre moi quand Abdel Raouf me dit le visage sombre :
- A l’école j’ai entendu le maître discuter avec un autre que la guerre va reprendre bientôt. Le plus jeune m’apostropha l’air perplexe :- Que va-t-il se passer maman ?Je rassemblai tout mon courage et toute ma foi pour répondre :- Je ne le sais vraiment pas les enfants. Dieu seul le sait mais nous devons être prudents.Salam survint :- Tu veux dire que une fois la trêve prendra fin dans deux jours, nous ne savons pas ce qui va se passer maman, me dit-elle.- Oui et non l’ennemi veut se venger de notre endurance et du faite que le peuple défend son gouvernement, mais voilà Selma que va faire exactement l’ennemi ? je ne le sais pas.A nouveau Abdel Raouf intervint :- Moi je le sais maman.Je le regardais avec tout l’amour d’une maman et je lui dis calmement :- Que sais-tu Abdel Raouf mon grand garçon ?afoune | 15 février, 2010 09:05
afoune | 08 janvier, 2010 18:09
Par Afaf Aniba
En dormant cette nuit là, je me promis de me réveiller plus tôt que prévu, pour pouvoir aller chercher de l’eau. Okba devait pouvoir utiliser l’eau qui restait pour un bain sommaire. Bien avant l’aube, je me redressais sur mon lit. Je devais vider les deux grands jerricans dans une bassine, la recouvrir et repartir vers le point d’eau. Marcher dans le noir m’effrayait mais c’était un devoir qui m’incombait. Soudain dans le noir, la voix de mon fils se fit entendre :
- Non maman, c’est moi qui doit aller chercher l’eau, c’est une mission d’homme.
Je louai Allah pour son courage et son sens de la responsabilité, malgré tout je lui dis :
- Je préfère t’accompagner, c’est trop loin et on ne sait jamais avec la situation qui prévaut.
- Ne crains rien, hier j’ai trouvé un raccourci, je m’en tirerai seul. Dors je t’en prie.
Je me résignai, après son départ je me levai et à l’aide d’une chandelle je cherchais dans les vêtements de mon mari martyr, un pantalon et une veste qu’il avait porté le jour de notre mariage, pantalon et veste irait à mon fils qui avait maintenant la stature de son père défunt sauf quelques retouches que je fis à la lumière vacillante de la chandelle. Okba devrait laisser une bonne impression sur son futur employeur. Selma s’éveilla à l’heure de la prière, je lui servis d’imam et nous accomplîmes ensemble la prière de l’aube et celle du lever du jour.Puis on s’endormirent une heure, en me levant je vis le sourire de Okba mon fils, il était revenu avec deux jerricans d’eau.Notre taudis commença à s’animer peu à peu avec le réveil des enfants, la cour de notre modeste maison était ombragée par deux grands platanes, je ne sais pourquoi moi et mes enfants on aimaient particulièrement ces deux arbres qu’on considéraient comme un luxe car c’était une verdure tellement belle et fraîche et on veillaient malgré la distribution parcimonieuse de l’eau à les arroser chaque trois jours. Pour nous Dieu a donné l’eau à toutes ses créatures qu’elles soient humaines ou végétales. Et c’était une grande injustice que de faire assoiffer cette nature si généreuse !! Les Israéliens et les Egyptiens en nous faisant subir ce blocus total ont montrés un grand mépris à l’encontre de notre environnement naturel, c’est pourquoi moi et mes enfants nous avions à cœur de protéger ces deux merveilleux platane comme de veiller sur notre propre survie.
afoune | 08 novembre, 2009 12:05
Le trajet fut long, nous avions à éviter le traquenard des tanks Israéliens mais aussi les mauvaises routes. Quand j’aperçus de loin la fin du périple, je remerciai Dieu. Sitôt en bas, je me hâtai. Le voile de la nuit tombait doucement, l’esprit occupée je ne vis pas une silhouette au loin, venant vers moi. Jusqu’au moment où une main se posa sur moi, je sursautai violemment :
- C’est moi maman, fit la voix sympathique de Okba mon fils. Heureuse je le serrais contre moi :
- Tu t’es inquiété et tu es parti à ma recherche.
- Oui, ce n’est pas dans tes habitudes de tarder, dit mon fils. Je ne voulais pas lui parler de l’ennemi Israélien, je l’interrogeais :
- Qu’as-tu fais aujourd'hui ?
- J’ai pu travailler dans une ferme pendant deux heures à des travaux divers, ensuite un voisin avait besoin d’une aide pour repeindre un mur, j’ai fait plusieurs tâches. Le plus important est que j’ai pu m’assurer d’une aide.
- Comment cela ?
- La dernière personne qui m’a fait travaillé est un cadre au ministère de l’enseignement, il m’a dit de revenir demain matin à dix heures, il aurait un poste stable pour moi.
Cette très bonne nouvelle me remplit d’aise, une porte s’ouvrait, il fallait la maintenir ouverte. En atteignant enfin mon chez soi, je fus entouré par les enfants. Prévenante, Salma m’avait préparé une tisane avec des feuilles de menthe. Me reposant, je répondais à leurs questions :
- C’est vrai maman nous allons pouvoir nous laver ? Fit le cadet de mes garçons.
- Oui, après-demain avec l’aide de Dieu nous irons au camp Jebalia, sur la plage nous prendrons un bon bain chaud.
Le rêve allait devenir bientôt une réalité pour mes enfants. Se laver était devenu un rêve sous le blocus Israélo-Egyptien, l’essentiel est de tenir bon et heureusement un bain n’était pas encore un rêve vain.
afoune | 03 octobre, 2009 15:25
Un jour dans la vie d’une famille Gazaoui VIII
Je repartais peu après vers notre gîte, au sortir du camp de Jebalia j’entendis quelqu’un dire :
- A nouveau ils barrent la route, j’ai dû faire un grand détour pour pouvoir rentrer.
Inquiète, j’avançais, je n’allai pas loin, une voiture s’arrêta à mon hauteur et le chauffeur passa sa tête à travers la vitre :
- Ma bonne dame où allez-vous ?
- J’habite le quartier Naourra et j’y retourne.
- Donc je vous conseille de quitter cette route ! L’ennemi vient de la fermer à moins de cinq kilomètre. Prenez le chemin de la plage, c’est très long mais avec l’aide de Dieu vous arriverez avant le Athâan del Ichâa.
Je ne savais que dire ou que penser, le chemin proposé m’était inconnu et m’aventurer seule ne m’arrangeait guère. L’homme salua et partit. Debout partagée entre le chemin connu et celui proposé, je ne savais quelle décision prendre. Les enfants allaient s’inquiéter de ma longue absence et je ne voulais pas ajouter à leurs peines.
Tout à coup une voix m’apostropha :
- Dites, qu’avez-vous ?
Je répondais au vieillard :
- Je dois aller à Naourra et l’ennemi a investit la route habituelle.
- Eh bien ! Vous voyez cette route là-bas, marcher un demi kilomètre il y a un arrêt de bus qui fonctionne encore. Attendez le véhicule et dite au chauffeur votre destination, In Châa Allah il vous déposera non loin de votre quartier.
Je remerciais chaudement le vieux monsieur et le pas rapide je m’en allai. Les cinq cent mètre je les avais parcourue le cœur léger. Mais voilà quand j’arrivais à l’arrêt, je ne trouvai personne et pas de passant. Patientant, je regardai autour de moi, sur le trottoir de l’autre côté trois habitations et rien de plus. Je n’avais pas de montre, j’avais seulement mon seul jugement pour situer le temps. La lumière à l’est était encore forte mais pas pour longtemps. Fasse seulement que quelqu’un passe, comme cela je puis me renseigner encore. Incroyable pas âme qui vive ! Je commençai à regretter ma sortie et inconsciemment je me mis à marcher mais soudain je perçus le bruit d’un moteur, je regardai de tous les côtés. Enfin du côté de la mer venait un véhicule, je revenais sur mes pas. Soulagée, je constatai que c’était le bus tant attendu. Et au moment où le chauffeur s’arrêta, surgirent devant moi trois autres personnes ! Je les dévisageait, ahurie. Le receveur me pressa de monter, je le fis vivement :
- Où allez-vous ? Lui ai-je demandée.
- A Gaza est, plus précisément à Ain Toute, cela vous va Hajja ?
Je hochai la tête satisfaite, il me resterait à marcher deux kilomètres et cela m’était possible.
afoune | 01 août, 2009 11:28
بسم الله الرحمن الرحيم
Un jour dans la vie d’une famille Gazaoui VII
Assise au milieu de cette famille amie, je me détendais quelque peu mais très vite je sentis une gêne quand on me demanda des nouvelles de mes enfants et de leurs études. Que leur dire que seulement un d’entre eux continuait à aller à l’école ? Que l’aîné a décider de se sacrifier pour ses frères et sœurs et cherche depuis plusieurs mois un travail stable, que ma fille aînée ne peut plus se payer le ticket du bus et puis avec le blocus plus de bus sans fuel et la distance de son lycée était trop grande pour que je lui permette de reprendre ses études et puis comment payer les frais de scolarisation ? Arrivée au niveau secondaire 4 Selma délivrait à ses petits frères et sœurs des leçons de calcul, d’Arabe et d’Anglais et bien sûr d’Histoire et Géographie. Pour l’instruction religieuse, mes enfants allaient à l’école Coranique de la mosquée de notre quartier. Que dire de ses frères qui n’ont pas été chanceux eux pour pouvoir entrer à l’école où poursuivre leurs études. Je tentais de donner une réponse cohérente à notre situation mais le père de Radhia un très vieux monsieur me regarda sérieusement en me disant :- Ma chère fille je comprend tes craintes et je connais tes moyens très maigre, comme nous d’ailleurs. Cependant dans notre religion le savoir est sacré, tes enfants doivent pouvoir continuer leurs études, si leur grand frère Okba a décidé de son sort il est presque homme maintenant et il est l’homme de la famille mais le reste de tes fils et filles doivent continuer coûte que coûte leur scolarisation, le savoir est lumière et ils seront mieux armés pour l’avenir.
Je l’approuvai totalement et je lui assurai :- Cet état est provisoire, car je dois pouvoir trouver un travail avec Okba et leur fournir ainsi de meilleures chances d’une vie décente et leur permettre par la même occasion d’aller à l’école.
Se rappelant tout à coup un fait Radhia me demanda :- Mais si tu es venue ici aujourd’hui, tu dois avoir une raison Hadia ?
Je la remercier en mon for intérieur pour sa perspicacité et je répondis vivement :- En effet. Vous devez avoir un problème d’approvisionnement d’eau, n’est ce pas ?
-Oui.
- Nous aussi et comme la pluie s’est fait rare ces jours-ci et dans le lieu où nous habitons nous ne sommes pas pourvu de citerne d’eau et comme l’eau est devenu très cher en ces temps de pénurie je me suis dit que nous n’avons plus que la mer pour nous laver.
Radhia hocha la tête en disant :- Tiens ! Nous n’y avons pas pensé, mais la mer est froide et comment se laver de jour devant les gens qui fréquente les plages ?
- Eh ! bien moi j’ai pensé à ceci, nous pouvons remplir un chaudron d’eau de mer et le faire chauffer et se laver à la tombée de nuit sur la plage dans un endroit protégée, lui ai-je suggère.
Tout le monde s’enthousiasma pour mon idée et sans que je ne leur fait la demande, le père de Radhia arrêta sa décision :- Nous avons un grand chaudron ici, nous vous le donnons madame Abdellah et nous louerons deux autres grands chaudrons et chacun prendra son tour pour se laver, c’est décidé.
J’étais ravie et du fond du cœur je remerciais Notre Créateur qui au plus fort de notre tragédie ne nous a jamais abandonné nous les Palestiniens qui lui sont fidèles et reconnaissants.
afoune | 23 juin, 2009 13:01
La marche vers le camp de réfugiée six kilomètre Jebalia m’épuisa. Je retournai là où j’ai naquis et c’est là où je me suis marier. Je marchai la peur au ventre, les tanks Israéliens sillonnaient ce chemin des dizaines de fois par jour. Dés que la ceinture des habitations en désordre me parut au loin, je m’arrêtai un long moment, histoire de reprendre mon souffle. Je revenais vers notre point de chute quand les soldats de la Hagannah chassérent ma famille de son village Alayn à environ dix kilomètres del Qodss Jerusalem il y a plus de cinquante ans. Ils ont marché des jours des semaines, des mois avant de pouvoir s’arrêter ici à Jebalia pour ne plus jamais repartir vers notre chez soi non loin des murailles del Qodss. C’était la première fois que je venais depuis la mort de mon mari, la gorge sèche j’avançais. A l’entrée du camp des hommes me dévisagèrent, à force d’être trahi par des agents à la solde de l’ennemi les entrées du camp étaient désormais sous surveillance. Je répondis à une question spontanément :- Je suis venu chercher l’aide de mes anciens voisins.
On me demanda ma carte d’identité, je louai Allah pour avoir encore une valable. Après vérification on m’autorisa d’entrer. Dans le dédale de ruelle j’essayai de me repérer, les incessantes incursions Israéliennes et les bombardements intensifs ont complètement bouleverser les lieux. En interrogeant par ici, en reconnaissant une échoppe par là je finis par déboucher dans l’impasse où jadis se tenait la maison de mes parents, une habitation aux murs décrépis, à trois chambre et une courette où on cuisinaient et on buvaient le thé le soir.
Une voix m’apostropha de derrière :- Je ne crois pas mes yeux, est-ce toi Hadia Naim Abdellah ?
Je me composai un sourire et je répondis à la fille de notre voisine Radhia Rabki Aïd :- Oui c’est moi Assalam Alaykoum Wa Rahmatouallah Wa Barakatouh.
- Wa Alaykoum Assalam Wa Rahmatouallah, comment vas-tu et où sont les enfants ?
Elle m’entraina chez elle, me réservant avec sa famille un accueil chaleureux. Les liens de l’appartenance sont plus forts que tout chez nous les Palestiniens, en quelques mots je fis le résumé de notre situation, la mère de Radhia encore vivante par la grâce d’Allah me ramena en arrière en invoquant la mémoire de mes parents morts, fatigués d’attendre le jour du retour en Palestine. Un verre d’eau me désaltéra :- Navré chère Hadia, hélas le siège infernal nous empêche aujourd’hui d’assumer le devoir de l’hospitalité comme il faut. Fit le ton triste Radhia. Il n y a pas plus humiliant pour le Palestinien que de ne pas recevoir son invité avec tous les honneurs qui lui sont dû, l’ennemi nous a réduit à ce verre d’eau et encore estimons nous heureux !
afoune | 28 avril, 2009 17:59
Ce n’est que vers trois heures que nous primes notre unique repas, Salma rangea la seule assiette et levant les yeux sur moi elle demanda :- Crois-tu que Okba a trouvé un travail ?
- Certainement, écoute nous devons trouver un moyen pour prendre un bain, ai-je répondue.
- Comment, j’ai eu beau me creuser la tête, je ne trouve rien m’avoua t-elle.
- L’autre jour nous avons été secouru par la pluie, aujourd’hui nous devons compter sur autre chose, ai-je dit l’air songeur. Le hamam n’était pas recommandé par notre foi et puis ses eaux sont douteuses de nos jours avec la situation qui prévaut, quoi faire ?
Je tournais et retourner la question dans ma tête puis soudain je levai les yeux sur mon aînée :- Eh jusqu’ici nous n’avons pas pensé à la mer.
- La mer !!!
- Eh oui Selma ! nous devons prendre notre bain à la tombée de la nuit, faire chauffer l’eau sur place.
- Comment ?
- Nous verrons, mais je crois que c’est l’unique issue possible pour le moment, ai-je décrété.
Nous n’avions pas un grand récipient dans lequel on pouvait bouillir l’eau à volonté, j’annonçai que j’allais à nos anciens voisins pour en chercher un. A mon retour Okba devrait être rentré.
afoune | 10 mars, 2009 10:56
En revenant à notre taudis qui nous servait de maison, je fus accueilli par mon tout dernier Ahmed âgé de 7 ans, jouant avec un ballon constitué de papier ramassé en boule. Je le regardai jouer un instant. Comme j’enviais ce petit garçon, il ne portait pas mon fardeau qui pesait lourdement sur mes épaules fatiguées. Mon ainée vint au devant de moi souriante, j’appréciais énormément son humeur gaie et optimiste. A chaque fois je m’inspirai de son humeur et pour l’encourager je le lui disais, alors elle me répondait vaillamment :- Maman la vie est un grand bienfait de Dieu et tu nous appris très tôt avec papa la patience, que Allah nous éprouve pour connaître la force de notre foi.
A ce moment là je la prenais et je la serrai entre mes bras en tentant de ne pas pleurer, je devrais être forte pour pouvoir continuer de vivre et les protéger.
- Maman, notre oncle paternel est venu en ton absence, il nous a apporté un sac de 5 kilo de semoule ! M’annonça- t’elle l’air réjouie.
D’un geste spontané je levais le plat de mes mains vers le ciel « Oh Ya Allah que ton Nom soit loué Tu ne nous abandonnes jamais ! » ai-je psalmodiée le cœur plein de gratitude envers le Créateur.
En entrant dans le petit espace qui nous servait de cuisine, je découvris que Salma avait fait appel à milles astuces pour nous préparer quelque chose qui nous remplirait les ventres pendant 24h :- Pour la semoule nous devons pétrir le pain chaque trois jours et faire en sorte que les six galettes que je fais doivent tenir 72h. fit Salma. Je hochais la tête tout à fait d’accords avec elle, ce qui me préoccupait c’était comment trouver assez d’eau pour nous permettre de nous laver le corps. C’était un supplice que de passer 15 à 20 jour sans être lavé !!
afoune | 25 janvier, 2009 08:23
afoune | 22 décembre, 2008 15:13
Avec le blocus, une journée entière est devenue insuffisante, je dois aller avec mon aîné m'approvisionner en eau et chercher un travail. Ma fille Salma me promit de faire le ménage:- A mon retour je verrais ce qu'on doit manger. Lui ai-je dit. Parfois nous prenons un seul repas, c'est devenu un souvenir lointain que de manger à sa faim. Okba me devançait, on devaient faire une marche de deux heures pour arriver à un bassin d'eau interdit à la consommation, avait-on le choix ? nous devions prendre la queue et patienter, c'est à ce moment que Okba s'éloignait peut-être qu'il réussirait à trouver une besogne. Je priais Allah pour qu'Il lui vienne en aide, mon tour venu, je remplissais le jerrican qui devrait tenir trois jours. Autour de moi les gens parlaient, on sentaient dans tous la colère et la déception, réduit à une condition ihnumaine, on enrageait de ne pouvoir rien faire.
Okba ne revenait pas, portant mon jerrican je m'en allais. J'eu un moment d'intense frayeur en voyant un hélicoptère nous survoler, immobile je l'épiais. C'était bien sûr un appareil Israélien, dans quelques jours la fin de la trêve entre nous et l'ennemi Israélien. Encore des jours d'incertitude, de sang et de désunion...
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