Un blog qui donne la parole à l'écrivain et à l'être humain. Un moyen de faire parvenir des opinions et des vérités pas toujours reconnus comme tels.
afoune | 08 janvier, 2010 18:09
Par Afaf Aniba
En dormant cette nuit là, je me promis de me réveiller plus tôt que prévu, pour pouvoir aller chercher de l’eau. Okba devait pouvoir utiliser l’eau qui restait pour un bain sommaire. Bien avant l’aube, je me redressais sur mon lit. Je devais vider les deux grands jerricans dans une bassine, la recouvrir et repartir vers le point d’eau. Marcher dans le noir m’effrayait mais c’était un devoir qui m’incombait. Soudain dans le noir, la voix de mon fils se fit entendre :
- Non maman, c’est moi qui doit aller chercher l’eau, c’est une mission d’homme.
Je louai Allah pour son courage et son sens de la responsabilité, malgré tout je lui dis :
- Je préfère t’accompagner, c’est trop loin et on ne sait jamais avec la situation qui prévaut.
- Ne crains rien, hier j’ai trouvé un raccourci, je m’en tirerai seul. Dors je t’en prie.
Je me résignai, après son départ je me levai et à l’aide d’une chandelle je cherchais dans les vêtements de mon mari martyr, un pantalon et une veste qu’il avait porté le jour de notre mariage, pantalon et veste irait à mon fils qui avait maintenant la stature de son père défunt sauf quelques retouches que je fis à la lumière vacillante de la chandelle. Okba devrait laisser une bonne impression sur son futur employeur. Selma s’éveilla à l’heure de la prière, je lui servis d’imam et nous accomplîmes ensemble la prière de l’aube et celle du lever du jour.Puis on s’endormirent une heure, en me levant je vis le sourire de Okba mon fils, il était revenu avec deux jerricans d’eau.Notre taudis commença à s’animer peu à peu avec le réveil des enfants, la cour de notre modeste maison était ombragée par deux grands platanes, je ne sais pourquoi moi et mes enfants on aimaient particulièrement ces deux arbres qu’on considéraient comme un luxe car c’était une verdure tellement belle et fraîche et on veillaient malgré la distribution parcimonieuse de l’eau à les arroser chaque trois jours. Pour nous Dieu a donné l’eau à toutes ses créatures qu’elles soient humaines ou végétales. Et c’était une grande injustice que de faire assoiffer cette nature si généreuse !! Les Israéliens et les Egyptiens en nous faisant subir ce blocus total ont montrés un grand mépris à l’encontre de notre environnement naturel, c’est pourquoi moi et mes enfants nous avions à cœur de protéger ces deux merveilleux platane comme de veiller sur notre propre survie.
afoune | 08 novembre, 2009 12:05
Le trajet fut long, nous avions à éviter le traquenard des tanks Israéliens mais aussi les mauvaises routes. Quand j’aperçus de loin la fin du périple, je remerciai Dieu. Sitôt en bas, je me hâtai. Le voile de la nuit tombait doucement, l’esprit occupée je ne vis pas une silhouette au loin, venant vers moi. Jusqu’au moment où une main se posa sur moi, je sursautai violemment :
- C’est moi maman, fit la voix sympathique de Okba mon fils. Heureuse je le serrais contre moi :
- Tu t’es inquiété et tu es parti à ma recherche.
- Oui, ce n’est pas dans tes habitudes de tarder, dit mon fils. Je ne voulais pas lui parler de l’ennemi Israélien, je l’interrogeais :
- Qu’as-tu fais aujourd'hui ?
- J’ai pu travailler dans une ferme pendant deux heures à des travaux divers, ensuite un voisin avait besoin d’une aide pour repeindre un mur, j’ai fait plusieurs tâches. Le plus important est que j’ai pu m’assurer d’une aide.
- Comment cela ?
- La dernière personne qui m’a fait travaillé est un cadre au ministère de l’enseignement, il m’a dit de revenir demain matin à dix heures, il aurait un poste stable pour moi.
Cette très bonne nouvelle me remplit d’aise, une porte s’ouvrait, il fallait la maintenir ouverte. En atteignant enfin mon chez soi, je fus entouré par les enfants. Prévenante, Salma m’avait préparé une tisane avec des feuilles de menthe. Me reposant, je répondais à leurs questions :
- C’est vrai maman nous allons pouvoir nous laver ? Fit le cadet de mes garçons.
- Oui, après-demain avec l’aide de Dieu nous irons au camp Jebalia, sur la plage nous prendrons un bon bain chaud.
Le rêve allait devenir bientôt une réalité pour mes enfants. Se laver était devenu un rêve sous le blocus Israélo-Egyptien, l’essentiel est de tenir bon et heureusement un bain n’était pas encore un rêve vain.
afoune | 03 octobre, 2009 15:25
Un jour dans la vie d’une famille Gazaoui VIII
Je repartais peu après vers notre gîte, au sortir du camp de Jebalia j’entendis quelqu’un dire :
- A nouveau ils barrent la route, j’ai dû faire un grand détour pour pouvoir rentrer.
Inquiète, j’avançais, je n’allai pas loin, une voiture s’arrêta à mon hauteur et le chauffeur passa sa tête à travers la vitre :
- Ma bonne dame où allez-vous ?
- J’habite le quartier Naourra et j’y retourne.
- Donc je vous conseille de quitter cette route ! L’ennemi vient de la fermer à moins de cinq kilomètre. Prenez le chemin de la plage, c’est très long mais avec l’aide de Dieu vous arriverez avant le Athâan del Ichâa.
Je ne savais que dire ou que penser, le chemin proposé m’était inconnu et m’aventurer seule ne m’arrangeait guère. L’homme salua et partit. Debout partagée entre le chemin connu et celui proposé, je ne savais quelle décision prendre. Les enfants allaient s’inquiéter de ma longue absence et je ne voulais pas ajouter à leurs peines.
Tout à coup une voix m’apostropha :
- Dites, qu’avez-vous ?
Je répondais au vieillard :
- Je dois aller à Naourra et l’ennemi a investit la route habituelle.
- Eh bien ! Vous voyez cette route là-bas, marcher un demi kilomètre il y a un arrêt de bus qui fonctionne encore. Attendez le véhicule et dite au chauffeur votre destination, In Châa Allah il vous déposera non loin de votre quartier.
Je remerciais chaudement le vieux monsieur et le pas rapide je m’en allai. Les cinq cent mètre je les avais parcourue le cœur léger. Mais voilà quand j’arrivais à l’arrêt, je ne trouvai personne et pas de passant. Patientant, je regardai autour de moi, sur le trottoir de l’autre côté trois habitations et rien de plus. Je n’avais pas de montre, j’avais seulement mon seul jugement pour situer le temps. La lumière à l’est était encore forte mais pas pour longtemps. Fasse seulement que quelqu’un passe, comme cela je puis me renseigner encore. Incroyable pas âme qui vive ! Je commençai à regretter ma sortie et inconsciemment je me mis à marcher mais soudain je perçus le bruit d’un moteur, je regardai de tous les côtés. Enfin du côté de la mer venait un véhicule, je revenais sur mes pas. Soulagée, je constatai que c’était le bus tant attendu. Et au moment où le chauffeur s’arrêta, surgirent devant moi trois autres personnes ! Je les dévisageait, ahurie. Le receveur me pressa de monter, je le fis vivement :
- Où allez-vous ? Lui ai-je demandée.
- A Gaza est, plus précisément à Ain Toute, cela vous va Hajja ?
Je hochai la tête satisfaite, il me resterait à marcher deux kilomètres et cela m’était possible.
afoune | 01 août, 2009 11:28
بسم الله الرحمن الرحيم
Un jour dans la vie d’une famille Gazaoui VII
Assise au milieu de cette famille amie, je me détendais quelque peu mais très vite je sentis une gêne quand on me demanda des nouvelles de mes enfants et de leurs études. Que leur dire que seulement un d’entre eux continuait à aller à l’école ? Que l’aîné a décider de se sacrifier pour ses frères et sœurs et cherche depuis plusieurs mois un travail stable, que ma fille aînée ne peut plus se payer le ticket du bus et puis avec le blocus plus de bus sans fuel et la distance de son lycée était trop grande pour que je lui permette de reprendre ses études et puis comment payer les frais de scolarisation ? Arrivée au niveau secondaire 4 Selma délivrait à ses petits frères et sœurs des leçons de calcul, d’Arabe et d’Anglais et bien sûr d’Histoire et Géographie. Pour l’instruction religieuse, mes enfants allaient à l’école Coranique de la mosquée de notre quartier. Que dire de ses frères qui n’ont pas été chanceux eux pour pouvoir entrer à l’école où poursuivre leurs études. Je tentais de donner une réponse cohérente à notre situation mais le père de Radhia un très vieux monsieur me regarda sérieusement en me disant :- Ma chère fille je comprend tes craintes et je connais tes moyens très maigre, comme nous d’ailleurs. Cependant dans notre religion le savoir est sacré, tes enfants doivent pouvoir continuer leurs études, si leur grand frère Okba a décidé de son sort il est presque homme maintenant et il est l’homme de la famille mais le reste de tes fils et filles doivent continuer coûte que coûte leur scolarisation, le savoir est lumière et ils seront mieux armés pour l’avenir.
Je l’approuvai totalement et je lui assurai :- Cet état est provisoire, car je dois pouvoir trouver un travail avec Okba et leur fournir ainsi de meilleures chances d’une vie décente et leur permettre par la même occasion d’aller à l’école.
Se rappelant tout à coup un fait Radhia me demanda :- Mais si tu es venue ici aujourd’hui, tu dois avoir une raison Hadia ?
Je la remercier en mon for intérieur pour sa perspicacité et je répondis vivement :- En effet. Vous devez avoir un problème d’approvisionnement d’eau, n’est ce pas ?
-Oui.
- Nous aussi et comme la pluie s’est fait rare ces jours-ci et dans le lieu où nous habitons nous ne sommes pas pourvu de citerne d’eau et comme l’eau est devenu très cher en ces temps de pénurie je me suis dit que nous n’avons plus que la mer pour nous laver.
Radhia hocha la tête en disant :- Tiens ! Nous n’y avons pas pensé, mais la mer est froide et comment se laver de jour devant les gens qui fréquente les plages ?
- Eh ! bien moi j’ai pensé à ceci, nous pouvons remplir un chaudron d’eau de mer et le faire chauffer et se laver à la tombée de nuit sur la plage dans un endroit protégée, lui ai-je suggère.
Tout le monde s’enthousiasma pour mon idée et sans que je ne leur fait la demande, le père de Radhia arrêta sa décision :- Nous avons un grand chaudron ici, nous vous le donnons madame Abdellah et nous louerons deux autres grands chaudrons et chacun prendra son tour pour se laver, c’est décidé.
J’étais ravie et du fond du cœur je remerciais Notre Créateur qui au plus fort de notre tragédie ne nous a jamais abandonné nous les Palestiniens qui lui sont fidèles et reconnaissants.
afoune | 23 juin, 2009 13:01
La marche vers le camp de réfugiée six kilomètre Jebalia m’épuisa. Je retournai là où j’ai naquis et c’est là où je me suis marier. Je marchai la peur au ventre, les tanks Israéliens sillonnaient ce chemin des dizaines de fois par jour. Dés que la ceinture des habitations en désordre me parut au loin, je m’arrêtai un long moment, histoire de reprendre mon souffle. Je revenais vers notre point de chute quand les soldats de la Hagannah chassérent ma famille de son village Alayn à environ dix kilomètres del Qodss Jerusalem il y a plus de cinquante ans. Ils ont marché des jours des semaines, des mois avant de pouvoir s’arrêter ici à Jebalia pour ne plus jamais repartir vers notre chez soi non loin des murailles del Qodss. C’était la première fois que je venais depuis la mort de mon mari, la gorge sèche j’avançais. A l’entrée du camp des hommes me dévisagèrent, à force d’être trahi par des agents à la solde de l’ennemi les entrées du camp étaient désormais sous surveillance. Je répondis à une question spontanément :- Je suis venu chercher l’aide de mes anciens voisins.
On me demanda ma carte d’identité, je louai Allah pour avoir encore une valable. Après vérification on m’autorisa d’entrer. Dans le dédale de ruelle j’essayai de me repérer, les incessantes incursions Israéliennes et les bombardements intensifs ont complètement bouleverser les lieux. En interrogeant par ici, en reconnaissant une échoppe par là je finis par déboucher dans l’impasse où jadis se tenait la maison de mes parents, une habitation aux murs décrépis, à trois chambre et une courette où on cuisinaient et on buvaient le thé le soir.
Une voix m’apostropha de derrière :- Je ne crois pas mes yeux, est-ce toi Hadia Naim Abdellah ?
Je me composai un sourire et je répondis à la fille de notre voisine Radhia Rabki Aïd :- Oui c’est moi Assalam Alaykoum Wa Rahmatouallah Wa Barakatouh.
- Wa Alaykoum Assalam Wa Rahmatouallah, comment vas-tu et où sont les enfants ?
Elle m’entraina chez elle, me réservant avec sa famille un accueil chaleureux. Les liens de l’appartenance sont plus forts que tout chez nous les Palestiniens, en quelques mots je fis le résumé de notre situation, la mère de Radhia encore vivante par la grâce d’Allah me ramena en arrière en invoquant la mémoire de mes parents morts, fatigués d’attendre le jour du retour en Palestine. Un verre d’eau me désaltéra :- Navré chère Hadia, hélas le siège infernal nous empêche aujourd’hui d’assumer le devoir de l’hospitalité comme il faut. Fit le ton triste Radhia. Il n y a pas plus humiliant pour le Palestinien que de ne pas recevoir son invité avec tous les honneurs qui lui sont dû, l’ennemi nous a réduit à ce verre d’eau et encore estimons nous heureux !
afoune | 28 avril, 2009 17:59
Ce n’est que vers trois heures que nous primes notre unique repas, Salma rangea la seule assiette et levant les yeux sur moi elle demanda :- Crois-tu que Okba a trouvé un travail ?
- Certainement, écoute nous devons trouver un moyen pour prendre un bain, ai-je répondue.
- Comment, j’ai eu beau me creuser la tête, je ne trouve rien m’avoua t-elle.
- L’autre jour nous avons été secouru par la pluie, aujourd’hui nous devons compter sur autre chose, ai-je dit l’air songeur. Le hamam n’était pas recommandé par notre foi et puis ses eaux sont douteuses de nos jours avec la situation qui prévaut, quoi faire ?
Je tournais et retourner la question dans ma tête puis soudain je levai les yeux sur mon aînée :- Eh jusqu’ici nous n’avons pas pensé à la mer.
- La mer !!!
- Eh oui Selma ! nous devons prendre notre bain à la tombée de la nuit, faire chauffer l’eau sur place.
- Comment ?
- Nous verrons, mais je crois que c’est l’unique issue possible pour le moment, ai-je décrété.
Nous n’avions pas un grand récipient dans lequel on pouvait bouillir l’eau à volonté, j’annonçai que j’allais à nos anciens voisins pour en chercher un. A mon retour Okba devrait être rentré.
afoune | 10 mars, 2009 10:56
En revenant à notre taudis qui nous servait de maison, je fus accueilli par mon tout dernier Ahmed âgé de 7 ans, jouant avec un ballon constitué de papier ramassé en boule. Je le regardai jouer un instant. Comme j’enviais ce petit garçon, il ne portait pas mon fardeau qui pesait lourdement sur mes épaules fatiguées. Mon ainée vint au devant de moi souriante, j’appréciais énormément son humeur gaie et optimiste. A chaque fois je m’inspirai de son humeur et pour l’encourager je le lui disais, alors elle me répondait vaillamment :- Maman la vie est un grand bienfait de Dieu et tu nous appris très tôt avec papa la patience, que Allah nous éprouve pour connaître la force de notre foi.
A ce moment là je la prenais et je la serrai entre mes bras en tentant de ne pas pleurer, je devrais être forte pour pouvoir continuer de vivre et les protéger.
- Maman, notre oncle paternel est venu en ton absence, il nous a apporté un sac de 5 kilo de semoule ! M’annonça- t’elle l’air réjouie.
D’un geste spontané je levais le plat de mes mains vers le ciel « Oh Ya Allah que ton Nom soit loué Tu ne nous abandonnes jamais ! » ai-je psalmodiée le cœur plein de gratitude envers le Créateur.
En entrant dans le petit espace qui nous servait de cuisine, je découvris que Salma avait fait appel à milles astuces pour nous préparer quelque chose qui nous remplirait les ventres pendant 24h :- Pour la semoule nous devons pétrir le pain chaque trois jours et faire en sorte que les six galettes que je fais doivent tenir 72h. fit Salma. Je hochais la tête tout à fait d’accords avec elle, ce qui me préoccupait c’était comment trouver assez d’eau pour nous permettre de nous laver le corps. C’était un supplice que de passer 15 à 20 jour sans être lavé !!
afoune | 25 janvier, 2009 08:23
afoune | 22 décembre, 2008 15:13
Avec le blocus, une journée entière est devenue insuffisante, je dois aller avec mon aîné m'approvisionner en eau et chercher un travail. Ma fille Salma me promit de faire le ménage:- A mon retour je verrais ce qu'on doit manger. Lui ai-je dit. Parfois nous prenons un seul repas, c'est devenu un souvenir lointain que de manger à sa faim. Okba me devançait, on devaient faire une marche de deux heures pour arriver à un bassin d'eau interdit à la consommation, avait-on le choix ? nous devions prendre la queue et patienter, c'est à ce moment que Okba s'éloignait peut-être qu'il réussirait à trouver une besogne. Je priais Allah pour qu'Il lui vienne en aide, mon tour venu, je remplissais le jerrican qui devrait tenir trois jours. Autour de moi les gens parlaient, on sentaient dans tous la colère et la déception, réduit à une condition ihnumaine, on enrageait de ne pouvoir rien faire.
Okba ne revenait pas, portant mon jerrican je m'en allais. J'eu un moment d'intense frayeur en voyant un hélicoptère nous survoler, immobile je l'épiais. C'était bien sûr un appareil Israélien, dans quelques jours la fin de la trêve entre nous et l'ennemi Israélien. Encore des jours d'incertitude, de sang et de désunion...
afoune | 21 décembre, 2008 17:59

En me levant tôt le matin, je sais que je dois faire mes ablutions à l'aide d'une pierre plate propre, pas une goutte d'eau dans les robinets. La prière faite, je passe un long moment à prier Allah pour que ce cauchemar qui perdure connaisse une fin. Je dois à présent m'habiller chaudement pour parcourir deux kilométres à la recherche d'un tronc d'arbre sec, mon mari tué dans un raid Israélien, je survis avec mes six enfants à la lisière de la peur et du dénuement pourtant je remercie Dieu je suis encore en bonne santé et je puis aller ici et là offrir mon aide et mes efforts pour pouvoir subvenir aux besoins des miens. Dans le froid mordant de l'aube, j'avance. Aujourd'hui je suis allée plus loin que d'habitude et pour cause, le bois se fait rare. En apercevant enfin un buisson fourni, je m'agenouille et je commence à couper les branches frêles. Au-dessus ce sont les premiers pépiements du jour naissant, une nouvelle journée du blocus, abandonnés à nous-mêmes nous survivons malgré tout mais jusqu'a quand ?
De retour à la maison, ce sont les visages de mes enfants qui me donnent du courage, ils ne se plaignent jamais et tentent du haut de leur 7 et 16 ans à m'aider.
La chaleur qui nous parvint du foyer nous donna des couleurs, c'était un supplice que de trouver l'eau ! C'est pourquoi je fais bouillir longtemps l'eau pour oser la faire boire à ma progéniture. Dépourvu de café et de thé, le lait en poudre s'épuisait et désormais on subsistait grâce au lait trait de notre unique chèvre. J'étais fière de cet animal, c'était presque un signe d'opulence pour une famille comme nous.
afoune | 25 octobre, 2008 11:23
Peace Be Upon you
Enfin mon premier recueil de nouvelles publié sur Ilv-édition ! C'est une grande nouvelle. Neuf mois de réflexion pour décider et un mois et demi pour voir le fruit de mes efforts et toucher la couverture ! Ravie je suis et c'est une grande poussée pour moi car écrire la courte nouvelle est nouveau, je n'ai commencée l'aventure qu'en 1995 et depuis j'ai à mon actif 10 petits récits. Faire connaître le livre bien que 13 euro pour 90 pages me parait cher, je dois pourtant essayer de faire interesser les lecteurs de partout. Pour une première tentative je tâtonne mais je suis formidablement motivée. Pour mon premier livre en Arabe, c'était vraiment de l'aventure cependant cette aventure a bien tourné avec les années. Bonne chance pour " La Dame d'Ibiza" In Châa Allah.
afoune | 10 juin, 2008 19:24
Je n'en revenais pas. Le tourisme était encouragé, quand je croisais des touristes à Qom la ville sainte, je m'étonnais, questionnant le vieil universitaire Libanais:Qu'est ce qui attire ces gens dans une ville de dignitaire religieux et d'école Hawza?
- Oh beaucoup de chose! les bazars regorgent de toute sorte de marchandise surtout les bijoux la pierre turquoise, les émeraudes, les tapis de soies, les épices et les senteurs de toutes origines. Il y'a aussi l'occasion de voir de près le train de vie que menait l'Ayatollah Khomeini en visitant sa demeure devenue musée en l'occurrence.
Dans ma tête je conservais la vision des marées de sel situés à quelques kms de la ville Qom, c'étaient là que gisaient enterrés les opposants du régime impérial, jetés du haut des hélicoptères de la Savak!
En mettant pied devant le mausolée tombeau de la Massouma, le professeur m'apostropha:- Sais-tu ce que sait le châtiment du Taazir?
Je répondais:- Est ce une manière de punir le coupable?
-En faite c'est l'annonce publique des méfaits du voleur ou du voyou, transporté dans une voiture découverte, on le fait passer dans les rues principales, en clamant ses méfaits, histoire de lui faire honte, ainsi dans l'esprit de la Charia le coupable ne récidivera pas!
A l'intérieur de la cour immense du mausolée, je vis une scène ahurissante, les hommes venus prier pour l'âme de la défunte, se retirait à reculons jusqu'a la porte de sortie, car tourner le dos à la descendante de la famille du prophète Mohamed BSSL était vraiment intolérable! Chaque jour et sa charge de surprise.
afoune | 05 avril, 2008 18:13
Les deux premières journées passées à prendre contact avec les participants au congrès, à visiter les sites officiels et un voyage à la cité des savants religieux Qom ne purent me dissimuler une réalité que je découvrais ébahie. Peu étaient les manifestations d'une vie Islamique à Téhéran, les femmes ne respectaient pas les règles du Hidjab. A l'hôtel Indépendance, la mixité et les cigarettes des femmes au su et au vu des silhouettes des grands hommes de religion. Dans un taxi pris pour aller faire des achats, les chansons de la chanteuse Libanaise Nancy Ajram étaient appréciés par le chauffeur, quand je demandai : quel radio il écoutait ? Il me fut répondu que c'était une radio locale ! Les jeunes rencontrés dans les rues, dans les théatres, aspiraient à vivre une vie libre. Je ne percevais aucune influence de l'éducation islamique délivrée à l'école, dans les mosquées, ou les familles. En voulant savoir plus je me heurtai invariablement à cette réponse: "Ce que vous voyait touche surtout la classe resté fidèle au clan impériale, nous laissons faire pour ne pas être taxé d'extrémisme ! » Peu convaincue, je ne comprenais pas aussi le gel des châtiments de la chariâa Islamique, cette fois aussi on me dit : « Nous veillons à ne pas provoquer le courroux des Ong ! » C’était franchement déroutant, je me demandai à quoi bon nommer l’Iran république Islamique, le comble c’était la pièce théatrale au titre de « Rabea » où danse et chant accompagné d’un orchestre faisaient vibrer jeune acteur et jeune spectateur et tout cela sous le regard implacable des grandes photos de l’Imam Khomeini et l’Imam Khatemi !
Je n’en revenais tout simplement pas.
afoune | 09 mars, 2008 15:36
Je ne peux m'empêcher de trembler, l'humanité est lâche à Ghaza!! des mois de blocus, ni eau, ni électricité, ni médicaments!! Les nazis n'ont pas commis le crime de maintenir une population de 1 million et demi de personne dans une prison en plein air dans des conditions aussi abject et inhumaine!! Les sionistes de la Palestine occupés, les descendants des victimes du nazisme ont surpassés les bourreaux du III Reich!!! Je suis les journaux, l'actualité à travers plusieurs supports et je suis franchement effrayée, personne ne s'émeut ni n'agit pour faire cesser cette honte!!
Il y'a de quoi s'inquièter pour l'avenir de cette humanité, si des enfants meurent cibles innocentes de l'aviation militaire Israélienne et aucun officiel occidental ne sonne le glas, cela veut dire adieu à la liberté, aux droits de l'homme et bienvenu aux deux poids deux mesures!!!
Nous perdons tellement en vivant cette vie étroite, uniquement soucieux de notre bien être à la manière décrite par cette amie Italienne "Puisque le génocide se passe loin de nous!!!" nous devons réagir, affronter les tristes vérités et penser résolument à agir. Car le monde libre actuel est malade, malade de son aveuglément, de son matérialisme de son égoïsme! Et pourtant changer n'est pas si difficile, il faut croire seulement pour pouvoir aller vers l'autre et lui exprimer dans le concret notre humanisme.
Les Palestiniens de Ghaza sont des êtres humains, ils ont des enfants, un espoir et beaucoup de courage et de bonne volonté, pourquoi leur tourner le dos et faire comme s'ils n'existaient pas?
afoune | 17 octobre, 2007 11:19
En m'éveillant à sept heure, je dus défaire ma valise, prendre une douche, préparer ma conférence et prendre mes premières photo du balcon de ma suite.
A huit heure moins quart j'étais dans la salle de restauration, mon guide de la veille vint me saluer et me préciser que le programme de la matinée est assister à la commémoration de l'Imam Khomeini dans son mausolée au sud de Téhéran. Tout de suite j'eu une idée des nationalités des participants au séminaire, syrien, égyptien, koweitien, turc, indiens, bengalais, suédois, mexicain, un peu de tout. Je fis la connaissance d'un écrivain Syrien, une dame tout à fait charmente, accompagné d'un couple de sa connaissance. Le petit déjeuner pris, je suivais les groupes, une député de l'Azerbaidjan tint à m'accompagner, son mari venait loin derrière.
Dans les bus, je prenais place près de l'aimable personne, au cours du trajet elle m'apprit quelque mot du Persan, elle même était professeur de persan à l'université je présume. Attirée par la grande ville, je regardai et détailler plein de chose. Au sud de Téhéran, la pauvreté était visible mais c'était une pauvreté décente. Une fois de plus le tchador se faisait timide. Les couleurs étaient de mise, l'allure des gens était rapide et j'ai apprécié particulièrement la propreté des rues, trottoirs, magazins, place et espace vert. Plus on roulaient plus grandissait le nombre des gens se dirigeant vers le mausolée tout près du célébre cimetière Alzahra, à pied, sur les roues, les Iraniens avançaient la mine fière et pénétrés par la solennité de l'évènement. Pour une première journée cela promettait.
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