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afoune | 03 octobre, 2009 15:25
Un jour dans la vie d’une famille Gazaoui VIII
Je repartais peu après vers notre gîte, au sortir du camp de Jebalia j’entendis quelqu’un dire :
- A nouveau ils barrent la route, j’ai dû faire un grand détour pour pouvoir rentrer.
Inquiète, j’avançais, je n’allai pas loin, une voiture s’arrêta à mon hauteur et le chauffeur passa sa tête à travers la vitre :
- Ma bonne dame où allez-vous ?
- J’habite le quartier Naourra et j’y retourne.
- Donc je vous conseille de quitter cette route ! L’ennemi vient de la fermer à moins de cinq kilomètre. Prenez le chemin de la plage, c’est très long mais avec l’aide de Dieu vous arriverez avant le Athâan del Ichâa.
Je ne savais que dire ou que penser, le chemin proposé m’était inconnu et m’aventurer seule ne m’arrangeait guère. L’homme salua et partit. Debout partagée entre le chemin connu et celui proposé, je ne savais quelle décision prendre. Les enfants allaient s’inquiéter de ma longue absence et je ne voulais pas ajouter à leurs peines.
Tout à coup une voix m’apostropha :
- Dites, qu’avez-vous ?
Je répondais au vieillard :
- Je dois aller à Naourra et l’ennemi a investit la route habituelle.
- Eh bien ! Vous voyez cette route là-bas, marcher un demi kilomètre il y a un arrêt de bus qui fonctionne encore. Attendez le véhicule et dite au chauffeur votre destination, In Châa Allah il vous déposera non loin de votre quartier.
Je remerciais chaudement le vieux monsieur et le pas rapide je m’en allai. Les cinq cent mètre je les avais parcourue le cœur léger. Mais voilà quand j’arrivais à l’arrêt, je ne trouvai personne et pas de passant. Patientant, je regardai autour de moi, sur le trottoir de l’autre côté trois habitations et rien de plus. Je n’avais pas de montre, j’avais seulement mon seul jugement pour situer le temps. La lumière à l’est était encore forte mais pas pour longtemps. Fasse seulement que quelqu’un passe, comme cela je puis me renseigner encore. Incroyable pas âme qui vive ! Je commençai à regretter ma sortie et inconsciemment je me mis à marcher mais soudain je perçus le bruit d’un moteur, je regardai de tous les côtés. Enfin du côté de la mer venait un véhicule, je revenais sur mes pas. Soulagée, je constatai que c’était le bus tant attendu. Et au moment où le chauffeur s’arrêta, surgirent devant moi trois autres personnes ! Je les dévisageait, ahurie. Le receveur me pressa de monter, je le fis vivement :
- Où allez-vous ? Lui ai-je demandée.
- A Gaza est, plus précisément à Ain Toute, cela vous va Hajja ?
Je hochai la tête satisfaite, il me resterait à marcher deux kilomètres et cela m’était possible.
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